les communiqués d'

 


La destruction de l'école

Ses causes, ses méthodes...

Un nouveau dossier d’Autonomie

Message du 08.11.2002
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Il ne faut pas avoir peur des mots.

Nombre d'enseignants pourtant, qui constatent quotidiennement la difficulté, voire l'impossibilité d'instruire véritablement les élèves dont ils ont la charge, et qui souffrent de ne pouvoir enseigner dans des conditions acceptables, s'indignent des mots avec lesquels certains expriment ce sentiment et résument la situation. Etrange maladie – mais répandue – qui consiste à connaître un état de fait, mais à ne pas supporter son énoncé clair. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : de la destruction, de la démolition d'un enseignement digne de ce nom, notamment dans le public – mais pas uniquement – et non seulement en France mais un peu partout dans le monde. Que cet enseignement n'ait jamais été parfait ne doit pas nous empêcher de dire qu'il a connu d'indéniables réussites, et qu'au nom de nouveaux « progrès » ces réussites sont menacées – pire : que ces réussites ont pratiquement disparu aujourd'hui.

C'est donc de la possibilité même d'un enseignement de qualité pour tous qu'il sera question dans ce dossier. C'est peu de dire que l'on s'en éloigne chaque jour davantage. Mais encore faut-il rechercher les causes de cette débâcle. Si le capitalisme néolibéral a sa part indéniable de responsabilité (recherche d'un « enseignement » de masse au moindre coût, et si possible vidé de tout savoir un peu critique, « adapté » aux exigences du marché), les idéologues « de gauche » ont aussi la leur, et cela est nettement moins souvent rappelé. La promotion des « sciences de l'éducation », cette gigantesque supercherie, ainsi qu'un usage immodéré et très souvent superficiel des théories de la sociologie de l'éducation, ont fait des ravages. Sous couvert d'« égalité des chances », on a battu en brèche l'égalité des droits, et promu par exemple, dans les faits, quantité de variantes (assez subtiles et dissimulées) de « discriminations », prétendument « positives ». On a donné le joli nom de « nouveau public » aux élèves du collège unique, et notamment aux élèves issus de l'immigration, et recommandé aux professeurs de s'y « adapter » ; entendez : ne plus « faire comme avant », c'est-à-dire ne plus chercher à leur faire étudier Voltaire, Flaubert ou Baudelaire par exemple, « trop difficiles », voire « bourgeois »... Pire encore, si c'est possible : on a recommandé de ne plus apprendre à lire avec la méthode syllabique, accusée de tous les maux, ou de ne plus enseigner « normativement » la grammaire, l'orthographe... Les conséquences en sont visibles aujourd'hui. A force de vouloir enrayer la reproduction des élites, empêcher la transmission de l'héritage, les apprentis-sorciers de l'Education nationale ont réussi à accélérer la reproduction des inégalités, à la renforcer dans des proportions inouïes – au lieu de la réduire un tant soit peu.

C’est cela qu'explorent tous les documents et les analyses de ce dossier : les conséquences de cette alliance objective entre le capitalisme d'aujourd'hui, le néolibéralisme qui imprègne toutes les « réformes » de l'Education nationale, et cet égalitarisme de façade, superficiel et creux, qui inspire les sornettes des scientologues de l'éducation et autres « pédagogistes » aux commandes depuis trop longtemps déjà.

La plupart des textes ou des liens que vous y trouverez ont déjà été communiqués par Autonomie. Un document vient cependant s’y ajouter, sur lequel je me permets d’attirer votre attention : il s’agit d’une étude de trente ans de « réformes » au collège, observée plus particulièrement à travers l’évolution des horaires de français. Voilà qui a le mérite de relativiser les propos de tous nos ministres de l’Education nationale sur la lutte contre l'illettrisme…

La destruction de l’école (différents liens) :
http://www.autonomie.org/dossiers/indexecol.htm

Evolution des horaires de français au collège (trente ans de « réformes ») :
http://www.autonomie.org/dossiers/horcoll.htm

Où il apparaît que la politique, très contestable – et contestée, à l’époque – de la droite, sous Valéry Giscard d’Estaing, ô combien lourde de conséquences, n’a jamais été remise en cause depuis, quels que soient les « changements de majorité » intervenus. Si cela pouvait éclairer la lanterne de cette « gauche » qui fait mine aujourd’hui de s’interroger sur les causes de son discrédit…

J.Baptiste



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Dernière mise à jour : 08.11.2002
http://www.autonomie.org/messages/021108.htm
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